L’anatomie d’un chèque de paie
Toute personne qui a encaissé un chèque de
paie réalise qu’il y a une grosse différence entre ce
qu’elle gagne et son salaire net. Qu’arrive-t-il donc à
l’argent qui ne se retrouve pas dans vos poches? Votre
rémunération est décomposée en plusieurs
éléments :
- rémunération brute
- rémunération brute assurable
- revenu brut ouvrant droit à pension
- revenu net imposable
- retenues obligatoires
- autres retenues
- rémunération nette
Passons en revue un chèque de paie type en
déchiffrant ce que signifie chaque élément.

- Rémunération brute (RB) : il s’agit
du total de votre rémunération en espèces,
dont le salaire habituel (soit votre salaire fixe ou votre taux de
salaire horaire multiplié par le nombre d’heures
travaillées au cours de la période de paie), les heures
supplémentaires et la paie de vacances.
- Rémunération brute assurable (RBA) :
votre salaire brut, plus la valeur monétaire des
avantages imposables en espèces (comme les cotisations de
contrepartie d’un employeur à un REER collectif) et les
allocations imposables (comme les allocations d’automobile et les
allocations de repas). Vos cotisations à l’assurance-emploi
(AE) et au Régime québécois d’assurance parental
(RQAP) sont fondées sur votre rémunération brute
assurable.
- Revenu brut imposable / ouvrant droit à pension
(RBI/RBP) : votre rémunération brute assurable
plus les avantages imposables non liés aux espèces
(comme les contributions de l’employeur à
l’assurance-vie collective temporaire). Il s’agit du montant
qui sert à déterminer vos cotisations au Régime de
pensions du Canada (RPC) et au Régime de rentes du Québec
(RRQ).
- Revenu net imposable (RNI) : avant
d’être en mesure de calculer les retenues
d’impôt sur le revenu, il faut établir le revenu net
imposable. Il faut donc déduire du revenu brut ouvrant droit à
pension les cotisations, comme celles qui sont versées à un
régime enregistré d’épargne-retraite ou REER, et
les cotisations syndicales (sauf au Québec), telles qu’elles
sont autorisées par l’Agence du revenu du Canada (ARC) ou le
ministère du Revenu du Québec (MRQ).
- Retenues obligatoires : un
employeur est tenu par la loi d’effectuer les retenues
obligatoires suivantes, par ordre de priorité : cotisations au RPC,
cotisations au RRQ (au Québec seulement), cotisations à
l’AE et au RQAP (au Québec seulement), et impôt
fédéral et provincial sur le revenu. Partout au Canada, à
l’exception du Québec, les impôts provinciaux sont
perçus dans le cadre des retenues d’impôt
fédéral sur le revenu. Au Québec, les retenues
d’impôt fédéral et provincial sont distinctes.
- Autres retenues : les retenues
obligatoires sont le premier impératif d’un employeur.
Il peut y avoir d’autres retenues obligatoires (comme la
saisie-arrêt et les retenues de soutien financier de la famille),
les retenues obligatoires propres à l’entreprise (cotisations
syndicales, votre part des cotisations à un régime
d’avantages sociaux) et les retenues facultatives (comme les
obligations d’épargne du Canada, les dons de
bienfaisance).
- Salaire net : faites le
total de toutes les retenues, déduisez-les de votre
rémunération brute et vous aurez votre salaire net. Voilà
le montant exact que vous emporterez chez vous. Toutes les
compétences exigent, tout au moins, que le talon de chèque de
paie ou l’état de rémunération d’un(e)
employé(e) comporte les renseignements suivants : nom de
l’employé(e), date de la période de paie, taux de
rémunération et nombre d’heures travaillées pour
chaque taux, rémunération brute, détail des retenues et
salaire net. Différentes compétences pourront avoir des
exigences supplémentaires de ce qui doit être
documenté.
Méthodes de rémunération
Votre revenu de base pourra être versé de
quatre façons principales :
- salaire : un montant annuel, divisé par
le nombre de périodes de paie dans l’année. Ainsi,
un salaire annuel de 26 000 $ divisé par 26 périodes de paie
revient à un salaire brut toutes les deux semaines de 1 000 $;
- traitement : un taux pour chaque heure
travaillée, comme 8,65 $ l’heure;
- salaire à la pièce : une
rémunération selon le nombre d’unités
de production, comme 1,00 $ par cageot de pêches
cueillies;
- commissions : le pourcentage d’un
montant de « base » donné, comme la commission que
perçoit un agent immobilier sur le prix de vente d’une
maison.
Les périodes de paie varient; les plus communes
sont la paie à la quinzaine (60 % d’entre nous sont
payés 26 fois par an), puis la paie bimensuelle (24 fois par an) et
la paie hebdomadaire (52 fois par an, fréquente dans les secteurs
de la construction et de la restauration). Quelque 95 % des travailleurs
sont payés le jeudi ou le vendredi.
Outre l’obligation de rémunérer leurs
employés un jour de paie régulier, les employeurs doivent
verser tout autre montant dû, comme les heures
supplémentaires, la paie des jours fériés ou les
indemnités de départ, dans un délai établi qui varie
selon la compétence.
De nos jours, les travailleurs reçoivent
généralement leur paie par transfert électronique de
fonds (l’argent est déposé directement dans le compte en
banque) ou par chèque de paie traditionnel. Bien que cette
méthode évoque le paiement « au noir », un employeur
peut, s’il le souhaite, payer un(e) employé(e) en argent
comptant. Cependant, il lui incombera quand même d’effectuer
les retenues à la source nécessaires, de remettre les
déclarations habituelles, de conserver des dossiers pour le
gouvernement et de fournir un bulletin de paie.
- Extrait de chapitre 2 de Pour mieux comprendre la paie : Guide
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édition (ISBN 978-0-9736167-0-5 (CD-ROM), © 2007,
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